Mirko Locatelli: “Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner”

“Mais où va-t-on?”. Michèle Durand-Vallade interviewe cet été pour la RTS plusieurs personnalités qui réfléchissent au thème de la décroissance. Cette émission m’a interpellée à divers niveaux. Pour commencer, j’ai été surprise par le fait que la RTS consacre une émission entière à ce sujet. Deuxièmement, j’ai été impressionnée par la variété et la qualité des intervenants, pour ne citer que Pierre Rabhi.

L’idée de décroissance est à prendre au sérieux. Elle n’intéresse pas que quelques excentriques. Mon interprétation est qu’il ne s’agit pas de consommer moins tout azimut. Consommer de manière plus consciente est ce qui importe. Mirko Locatelli suggère: “Se poser les questions: “De quoi ai-je besoin? Qu’est-ce qui est assez?”. Par exemple, je ne vais pas arrêter d’utiliser mon portable, mais plutôt réfléchir au nombre d’heures que je veux passer à travailler. A chacun de trouver son chemin.

Voici en tous cas une interview qui pourrait vous faire réfléchir.

 

Mirko Locatelli, militant de la décroissance: “Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner”

 

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Tessinois, trentenaire, vivant dans le canton de Fribourg, Mirko Locatelli est un détracteur pur et dur du modèle consumériste et productiviste occidental.

Son combat pour la décroissance, ce jeune père au foyer s’efforce de le mener en cohérence avec ses actes, tout en refusant de passer pour un donneur de leçon.

S’il vit sans voiture, sans téléphone portable, sans télévision et sans prend jamais lʹavion, il se garde toutefois bien de croire que les petits gestes suffiront pour changer de cap: ce n’est qu’en dépassant une approche individualisante que l’on pourra construire une société soutenable et souhaitable.

Idéaliste, Mirko Locatelli lʹest à nʹen point douter. Il fait ainsi partie des membres fondateurs du Réseau objection de croissance (ROC) qui a essaimé dans plusieurs cantons suisses depuis plusieurs années.

En décembre 2012, il sʹest lancé avec trois autres militants dans la rédaction dʹun bimestriel, “Moins!”, qui compte près de 1’000 abonnés en Suisse romande. Le journal aspire à promouvoir et diffuser les idées de la décroissance, loin des clichés (le retour aux cavernes) et des amalgames (la récession, la question démographique) qui accompagnent trop souvent ce concept.