A la recherche du bonheur, 5e piste: l’altruisme

(c) Photo Valérie Bauwens

(c) Photo Valérie Bauwens

Donner rend heureux. Souvent, nous n’y prêtons pas attention, mais si vous essayez maintenant de vous souvenir de la dernière fois où vous avez offert quelque chose à quelqu’un, je suis sûre que vous vous sentirez plus gai et qu’un sourire vous viendra aux lèvres. Selon une étude de 2008 du professeur Michael Norton de la Harvard Business School, donner de l’argent à autrui rend plus heureux que de le dépenser pour soi-même.

Il semblerait aussi que donner soit bon pour la santé. Une autre étude, cette fois de 1999 de Doug Oman de la University of California, Berkeley, a trouvé que les personnes âgées qui faisaient du volontariat pour 2 organisations ou plus avaient 44% de chances en moins de mourir dans les 5 prochaines années.

La spirale vertueuse se met en place. Plus vous donnez, plus vous vous ouvrez à d’autres, échangez, partagez. Ce sont là également autant d’opportunités d’exprimer votre gratitude.

Claire témoigne :

« Je voyageais au Chili. Nous étions dans la rue et voulions manger un petit quelquechose. Je vois affiché « Action : deux empanadas pour le prix d’une ! ». Je savais que je n’avais pas assez faim pour en manger deux. J’avais repéré un sans-abri installé à proximité. Il ne mendiait pas, mais je lui ai tout simplement offert le deuxième. Plusieurs années plus tard, je me souviens encore du sourire sur son visage et j’en ressens encore du bonheur. »

Et la roue tourne… « Toujours au Chili, nous sommes pratiquement tombé en panne sèche au milieu de nulle part. Nous étions à 70 km de notre hôtel. Toutes les stations-essence étaient vides. Nous avons rencontré un gaucho qui nous a prêté un jerricane avec l’essence – alors qu’il n’avait aucune garantie que nous le rapporterions. Lui-même n’avait presque plus d’essence et nous étions de parfaits inconnus. Il nous a parlé de la grande roue de la bienveillance qui finit toujours par faire bénéficier celui qui un jour donne. »

« Depuis j’ai changé quelques petites choses dans ma vie. J’ai préparé des pièces à donner aux personnes dans le besoin quand je visite des grandes villes. Je garde les chocolats et autres denrées sous-vide reçues durant le vol en avion. Ce sont des petites choses, mais elles sont toujours accueillies par un grand sourire. Je partage aussi avec mes voisins des parts de pastèque ou des gâteaux, trop grands pour être mangés à deux. C’est incroyable, mais depuis, le contact avec les voisins a complètement changé. »

A vous de jouer:

Essayez de procéder tous les jours à deux dons, que ce soit en nature ou en rendant service. Au mieux, essayer de varier le genre de personnes à qui vous donnez, des proches, des collègues, des voisins, de parfaits inconnus, et la façon dont vous donnez (de manière personnelle mais aussi anonyme, par exemple en mettant de l’argent dans le parcmètre d’une personne en dépassement). Comme à chaque fois, procédez de manière consciente, en prenant note du bien-être que cela vous procure et de la joie ressentie par la personne qui bénéficie de votre générosité. Pour un meilleur effet : n’en attendez rien au retour, il s’agit de pratiquer la bienveillance gratuite. Vous pouvez aussi en profiter pour thématiser le sujet avec vos proches en essayant de trouver avec eux des moyens créatifs de donner, pour étendre votre spectre d’action. Vous verrez que c’est un exercice amusant et agréable.

Une très bonne semaine d’exercice et n’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires/réactions à ce sujet !

Bien à vous

Valérie et Claire

– Vous voulez tester votre niveau d’altruisme ? Voilà un test pour vous (en anglais)

– Pour plus d’information sur l’étude du professeur Michael Norton, nous vous proposons son très instructif et divertissant TED-talk 

NB:  j’ai débuté il y a un an d’ici une série d’articles que j’ai, à l’époque, appelés “chemins de traverses” et que vous retrouverez sur la page suivante Ma R&D
L’objectif de cette nouvelle série d’articles reste la même: creuser un thème à travers des témoignages que je récolte. C’est l’ethnographe au service de la coach.